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Maasen Peter (2006). « The Modernisation of European Higher Education : A multi-level analysis ». In Directors General Meeting for Higher Education. En ligne : <http://www.minedu.fi/ex ... inki_Oct2006_241006.pdf> 
Added by: orey (29 Aug 2007 16:49:12 Europe/Paris)
Resource type: Conference Paper
BibTeX citation key: Maasen2006
Categories: Enseignement supérieur
Keywords: Europe, gestion d'établissement scolaire, gouvernance, université
Creators: Maasen
Collection: Directors General Meeting for Higher Education
Views: 1067/4004
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Popularity index: 10.25%
URLs     http://www.minedu. ... Oct2006_241006.pdf
Abstract     
Les gouvernements européens ont en majorité "modernisé" leur enseignement supérieur dans les 20 dernières années. Les résultats sont visibles : les institutions universitaires sont plus autonomes, ont des financements plus diversifiés, sont largement plus sensibles à l'importance la dimension internationale. Les établissements sont plus productifs (diplômes, résultats de recherche..) qu'ils ne l'ont jamais été et la plupart des ministères nationaux ont adapté leur rôle et pilotent plutôt leur enseignement supérieur à travers des indicateurs stratégiques et des négociations contractuelles qu'à travers la loi et les règlements.

Dans presque chaque Etat européen, de récentes réformes ont été menées en matière de gestion et de gouvernance universitaire, qui convergent sur quatre principaux aspects :
- l'objectif de diminuer l'intervention gouvernementale directe dans l'enseignement supérieur et d'augmenter l'autonomie institutionnelle des établissements en proportion inverse
- la professionalisation du leadership et du management des institutions et les adaptations corrélatives dans les structures de gouvernement des organisations universitaires
- Le développement de mécanismes d'évaluation de la qualité dans l'enseignement supérieur
- la diversification des sources de financement

Malgré le retrait progressif des gouvernements européens au profit de l'autonomie des établissements dans la gouvernance universitaire, les situations nationales montrent qu'ils ne veulent pas laisser la détermination des objectifs attendus des universités (enseignement, recherche, valorisation...) entièrement aux mains des universités elles-mêmes.

Les voies de l'autonomie ont emprunté des chemins différents selon les pays : passage de crédits fléchés au budget global, gestion des personnels, réformes de structures, libre gestion des flux étudiants, etc. Parfois, une autonomie plus grande sur le plan de la gestion financière a pu aller vers un resserrement du pilotage pédagogique national comme au Portugal.

La plupart des réformes visant une professionalisation du management institutionnel s'inspirent des structures des compagnies privées et s'inscrivent plus ou moins dans le paradigme du New Public Management, bien que le concept soit en fait relativement flou et ambigüe selon les contextes nationaux et sectoriels, à base de contrats, d'objectifs, de comparaison standardisées et d'indicateurs.
Ces réformes ont pu générer des tensions internes aux universités, notamment entre les universitaires et les managers, et aboutir au paradoxe que ces processus internes de changements et les troubles qu'ils provoquent ont pu monopoliser l'agenda institutionnel, au moment où les relations des universités avec leur environnement apparait l'enjeu central.

Pourtant, l'agenda européen laisse panser que les réformes n'ont encore pas été ni assez rapides ni assez radicales, ce qui soulève la question de savoir si la "modernisation" invoquée s'appuie réellement sur un bilan des résultats nationaux et ne repose pas plutôt sur une idéologie attribuant toutes les vertus à la logique de marché. Les données pour légitimer l'urgence de réformes nouvelles au niveau européen sont en effet souvent lacunaires et peu probantes.

Les institutions d'enseignement supérieur européennes sont historiquement fondées sur la conception d'établissements publics et au fonctionnement démocratique, plus ou moins sur la base du modèle "Humboldtien".
Cette idée se heurte à la vision instrumentale d'un enseignement supérieur à base de management professionnel, d'entreprise autonome, opérant sur divers marché comme une industrie de service, dont les universités américaines semblent être le modèle.

La commission européenne privilégie en effet, dans les indicateurs de réforme qu'elle met en avant, la dimension purement économique de l'université à la société, notamment dans sa contribution à la compétitivité des économies européennes. L'apport culturel et social semble être peu pris en compte, de même que la potentielle contribution à la construction d'une citoyenneté européenne.

Aux Etats-Unis, l'intégration des logiques de marché par les universités a d'un côté amené aux universités de nouvelles ressources, de meilleurs étudiants, et donc des capacités plus importantes pour faire progresser le savoir et assumer un rôle plus productif dans l'économie. Elle a néanmoins aussi réduit la souveraineté des universités sur leurs propres activités, affaibli leurs missions de services au public et leur rôle privilégié d'arbitres désintéressés du savoir.

Alors même que les réformes les incitent par divers moyens à devenir plus "entrepreneuriales" et orientées par le marché, les universités européennes et les politiques publiques gouvernementales restent en fait dans certaines règles publiques qui tracent plutôt un modèle de style entrepreneurial européen.

L'Europe de l'enseignement supérieur doit-elle choisir entre la marchandisation et la marginalisation ? N'existe-t-il pas une alternative européens au modèle dominant du marché américain ?
Il serait temps que les européens regardent du côté des plus petits d'entre eux, et notamment dans les régions nordiques, comment des systèmes d'enseignement supérieur ont réussi à concilier la compétitivité et la cohésion sociale, plutôt que d'aller chercher l'inspiration de leurs réformes de l'autre-côté de l'Atlantique.
Added by: orey  Last edited by: orey
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